victoire

victoire [ viktwar ] n. f.
• 1155; victorie 1080; lat. victoria
1Succès obtenu dans un combat, une bataille, une guerre. Remporter une victoire ( vaincre) . Victoire de qqn sur qqn. Trophée d'une victoire. Voler de victoire en victoire. conquête . Victoire éclair. Les lauriers, la palme de la victoire. Victoire navale, aérienne. Fêter une victoire. La fête nationale de la victoire (de 1918),le 11 novembre. Victoire des Alliés en 1945. Loc. Victoire à la Pyrrhus, trop chèrement obtenue. Voler au secours de la victoire.
Par ext. La Victoire : divinité allégorique représentée par une femme ailée. Les ailes de la Victoire. (Sans majuscule) « La victoire, en chantant, nous ouvre la carrière » (Chant du départ). Masséna, l'enfant chéri de la victoire. Statue de cette divinité. La Victoire de Samothrace.
2Heureuse issue (d'une lutte, d'une opposition, d'une compétition, pour la personne qui a eu l'avantage). exploit, réussite, succès, triomphe. Victoire diplomatique. Victoire électorale des socialistes. « En amour, notre vanité dédaigne une victoire trop facile » (Stendhal). Loc. Crier, chanter victoire : se glorifier d'une réussite.
Situation de la personne (ou du groupe) qui gagne contre qqn, dans un jeu, une compétition. Victoire d'une équipe sportive (cf. Belle performance). Victoire aux points, par K.-O, en boxe.
Victoire (morale) sur soi-même, sur la tentation, quand la volonté triomphe des instincts, des passions. Petites victoires.
3(Choses) Victoire du libéralisme, du nationalisme. C'est une belle victoire pour la recherche médicale. La victoire du bon sens.
⊗ CONTR. Défaite, déroute. Contre-performance, échec.

victoire nom féminin (latin victoria) Issue favorable d'une bataille, d'une guerre : Fêter la victoire. Succès remporté dans une lutte, une compétition : La victoire d'un joueur d'échecs.victoire (citations) nom féminin (latin victoria) Alexandre Arnoux Digne 1884-Paris 1973 La victoire s'use par ses excès ; on ne réussit véritablement qu'à force de patientes défaites. Faut-il brûler Jeanne ? Gallimard Simone de Beauvoir Paris 1908-Paris 1986 Si l'on vit assez longtemps, on voit que toute victoire se change un jour en défaite. Tous les hommes sont mortels Gallimard Léon Blum Paris 1872-Jouy-en-Josas 1950 À l'issue d'une longue guerre nationale, la victoire bouleverse comme la défaite. À l'échelle humaine Gallimard Marie-Joseph de Chénier Constantinople 1764-Paris 1811 La victoire en chantant nous ouvre la barrière La liberté guide nos pas […]. Le Chant du départ (musique de Méhul) Joseph Delteil Villar-en-Val, Aude, 1894-Grabels, Hérault, 1978 À une belle défaite selon les règles, la naïve enfant préfère une victoire fautive. Jeanne d'Arc Grasset Jeanne d'Arc Guillaume de Salluste, seigneur Du Bartas Montfort, près d'Auch, 1544-Condom 1590 La victoire ne rend un grand prince louable, Ains la cause qu'il va par armes débattant. Le Triomphe de la Foi mais André Malraux Paris 1901-Créteil 1976 Ah ! que la victoire demeure avec ceux qui auront fait la guerre sans l'aimer ! Les Noyers de l'Altenburg Gallimard Michel Eyquem de Montaigne château de Montaigne, aujourd'hui commune de Saint-Michel-de-Montaigne, Dordogne, 1533-château de Montaigne, aujourd'hui commune de Saint-Michel-de-Montaigne, Dordogne, 1592 [Il y a] des pertes triomphantes à l'envi des victoires. Essais, I, 31 Gérard Labrunie, dit Gérard de Nerval Paris 1808-Paris 1855 Ô Mort, où est ta victoire ? Aurélia Commentaire Simple reprise du Nouveau Testament, I Corinthiens, chapitre 15, verset 55. Jules Romains, pseudonyme littéraire devenu ensuite le nom légal de Louis Farigoule Saint-Julien-Chapteuil, Haute-Loire, 1885-Paris 1972 Académie française, 1946 La victoire a beau grandir, elle ne réussit plus à rattraper les morts. Les Hommes de bonne volonté, Vorge contre Quinette Flammarion Publius Syrus (en Syrie Ier s.) Celui qui sait se vaincre dans la victoire est deux fois vainqueur. Bis vincit, qui se vincit in victoria. Sentences, 103 Tite-Live, en latin Titus Livius Padoue 59 avant J.-C.-Rome 17 après J.-C. Évidemment, les dieux n'ont pas tout donné au même homme ; tu sais vaincre, Annibal, mais tu ne sais pas profiter de la victoire. Non omnia nimirum eidem Di dedere : Vincere scis, Hannibal, victoria uti nescis. Histoire romaine, XXII, 51 Commentaire Paroles de Maharba, qui commandait la cavalerie carthaginoise et proposait de marcher sur Rome après la bataille de Cannes. Il ne fut pas écouté. Alessandro Manzoni Milan 1785-Milan 1873 Les peuples apprennent plus d'une défaite que les rois de la victoire. I popoli imparano più da una sconfitta, che non i re dal trionfo. Lettre à Charles-Albert Mao Zedong, Mao Tsö-tong ou Mao Tsé-toung Shaoshan, Hunan, 1893-Pékin 1976 Lutte, échec, nouvelle lutte, nouvel échec, nouvelle lutte encore, et cela jusqu'à la victoire — telle est la logique du peuple. Citations du président Mao Tsé-Toung, V Edmund Spenser Londres 1552-Londres 1599 Que nul n'attribue à soi-même les victoires qu'il doit à la grâce. Nous n'avons de force que pour le mal : tout le bien vient de Dieu en acte ou en volonté. Ne let the man ascribe it to his skill That through grace hath gained victory If any strength we have, it is to ill But all the good is Gods, both power and eke will. La Reine des fées, I, 10 victoire (expressions) nom féminin (latin victoria) Crier, chanter victoire, annoncer qu'on a gagné. Victoire !, cri par lequel on exprime la joie d'avoir vaincu, gagné. Victoire sur soi-même, occasion où l'on domine ses passions, ses défauts. Victoire à la Pyrrhus, victoire chèrement acquise, comme celle de Pyrrhus (Pyrrhos) sur les Romains à Héraclée, où il subit de si lourdes pertes qu'elle équivalait à un désastre. ● victoire (synonymes) nom féminin (latin victoria) Issue favorable d'une bataille, d'une guerre
Contraires :
- débâcle
- débandade
- déconfiture
- déroute
Succès remporté dans une lutte, une compétition
Synonymes :
- réussite
- succès
Contraires :
- échec
- insuccès
- veste (familier)

victoire
n. f.
d1./d Succès remporté dans une bataille, dans une guerre.
|| Victoire à la Pyrrhus, trop chèrement acquise.
d2./d Avantage, succès remporté sur un rival, sur un concurrent.
|| Crier, chanter victoire: se glorifier d'un succès. Syn. triomphe. Ant. échec.
d3./d (Sens moral.) Avantage remporté au terme d'une lutte contre une force contraire. Remporter une victoire sur soi-même.

⇒VICTOIRE, subst. fém.
A. — 1. Succès remporté à l'issue d'un combat, d'une bataille, d'une guerre. Synon. réussite, triomphe; anton. défaite, échec, insuccès, revers. Toutes les vieilles femmes de la campagne, bien loin de songer encore à cette étonnante victoire de Marengo qui avait changé les destinées de l'Italie, et reconquis treize places fortes en un jour, n'avaient l'âme occupée que d'une prophétie de saint Giovita (STENDHAL, Chartreuse, 1839, p. 12). C'est sur la base de la fidélité à l'alliance, coûte que coûte, avec la Grande-Bretagne, dans le but d'une victoire commune, que le général De Gaulle a construit toute son entreprise (DE GAULLE, Mém. guerre, 1954, p. 658).
SYNT. Belle, éclatante victoire; victoire complète, décisive, facile; victoire aérienne, navale; victoire des alliés, de l'armée française, de Napoléon; victoire contre un ennemi; victoire sans lendemain; bulletin, communiqué de victoire; jour de victoire; hymne, lauriers de la victoire; aller, marcher, voler à la victoire; assurer, donner, obtenir, remporter la victoire; être l'artisan de la victoire; mener ses troupes à la victoire.
Victoire finale. Avantage décisif marquant l'achèvement d'une guerre. Il faut bien alimenter sans cesse la foi de la nation en sa victoire finale (MARTIN DU G., Thib., Épil., 1940, p. 810).
HIST. Le Père la Victoire. [Surnom de Georges Clemenceau] Sur la candidature de Clemenceau à la Présidence de la République. Maurras était contre Clemenceau. J'étais pour. Nous avons chacun défendu notre point de vue, et, en fin de compte, c'est Maurras qui l'a emporté, puisque le Père la Victoire a échoué (L. DAUDET, Brév. journ., 1936, p. 100).
Loc., p. anal. ou au fig.
Aller, voler... de victoire(s) en victoire(s). Obtenir facilement et rapidement un grand nombre de succès. Napoléon, allant de victoires en victoires à travers l'Europe, réalisa trop tard que la stratégie anglaise (...) finirait par l'emporter dès que la France serait épuisée par ses triomphes (BILLOTTE, Consid. strat., 1957, p. 40-02). Si (...) l'action immédiate est liée aux fins lointaines, ce n'est pas parce que le syndicat peut voler de victoire en victoire, augmenter toujours les salaires et réduire toujours les heures, c'est parce que « l'émancipation des travailleurs » commence tout de suite (REYNAUD, Syndic. en Fr., 1963, p. 62).
Chanter, crier victoire. Se prévaloir bruyamment d'un succès encore peu assuré. Le Tiers État cria victoire et affecta de considérer le vote par tête comme acquis (LEFEBVRE, Révol. fr., 1963, p. 123).
S'empresser, voler... au secours de la victoire. Se ranger tardivement aux côtés du parti, du camp qui est en train de triompher. Quelle force (...) vient aux forts de l'universelle lâcheté des faiblesfonctionnaires, politiciens, moines, ou troupeau de moindress'empressant au secours de la victoire! (CLEMENCEAU, Vers réparation, 1899, p. 48). Quand l'U. R. S. S. (...) comprendra qu'un dictateur fasciste et un parti conservateur ont sincèrement volé au secours de sa victoire, je doute qu'elle leur soit très reconnaissante (SARTRE, Mains sales, 1948, 4e tabl., 4, p. 155).
Victoire à la/de Pyrrhus. [P. allus. aux victoires, coûteuses en vies humaines, remportées par Pyrrhus] Victoire si chèrement acquise que celui qui l'obtient ne peut s'en réjouir. L'industrie moyenne a dévoré la petite industrie. Victoires de Pyrrhus! car voilà qu'elle est dévorée à son tour par l'industrie en grand (L. BLANC, Organ. trav., 1845, p. 5). Il ne s'était pas trompé: son succès était une victoire à la Pyrrhus. (...) par une ironie des choses qui n'est point rare, il se trouvait patronné, cette fois, par ses vieux ennemis, les snobs, les gens à la mode (ROLLAND, J.-Chr., Nouv. journée, 1912, p. 1483).
2. [Par personnification] Divinité allégorique qui porte avec elle la réussite. La victoire sourit aux audacieux. La victoire, pour ainsi dire encore parée des trois couleurs, s'est réfugiée dans la tente du duc d'Angoulême (CHATEAUBR., Polém., 1818-27, p. 371).
BEAUX-ARTS. Représentation iconographique de cette divinité (généralement sous les traits d'une femme ailée, tenant dans une main une palme, dans l'autre une couronne de laurier). Victoire de Délos, d'Olympie; temple de la Victoire aptère. La figure humaine se réfugie dans des divinités nues, drapées à l'antique: victoire porteuse de palmes ou de couronnes (VIAUX, Meuble Fr., 1962, p. 132).
B. — P. ext.
1. Avantage décisif remporté sur un adversaire lors d'une compétition, d'une lutte.
a) Domaine sportif. Victoire individuelle, d'équipe; victoire aux points, par K.O.; victoire en deux manches; avoir, inscrire de nombreuses victoires à son palmarès. Un nombre important de nations nouvelles venues qui, comprenant l'importance publicitaire d'une victoire olympique, cherchent à détecter et à former des élites (Jeux et sports, 1967, p. 1236).
b) Domaine pol., relig., soc., etc. Victoire du candidat libéral. La ruine de la bourgeoisie et la victoire du prolétariat sont également inévitables (JAURÈS, Ét. soc., 1901, p. XVI). Majorités sans cesse plus orientées vers la gauche aboutissant à la victoire du Front populaire en 1936 (LIDDERDALE, Parlement fr., 1954, p. 38).
2. Domaine intellectuel, affectif, moral, etc. Fait de vaincre une difficulté, un obstacle; en partic., fait de vaincre ses instincts, ses passions.
a) [À propos d'une pers.] Remporter une victoire intérieure, morale. Ce fut sans doute avec une profonde sagesse que les Romains appelèrent du même nom la force et la vertu. Il n'y a en effet point de vertu proprement dite, sans victoire sur nous-mêmes, et tout ce qui ne nous coûte rien, ne vaut rien (J. DE MAISTRE, Soirées St-Pétersb., t. 1, 1821, p. 246). Cet amant infirme [Rousseau], dont la vie sentimentale connut si peu de victoires, nous a laissé de son premier amour cette peinture d'une fraîcheur éternelle (MAURIAC, Trois gds hommes dev. Dieu, 1947, p. 74).
b) [À propos d'une caractéristique intellectuelle] Victoire de l'esprit, de l'intelligence sur l'ignorance, sur l'obscurantisme. La comtesse l'emporta. La victoire du bon sens sur la folie calma ses plaies, elle oublia ses blessures (BALZAC, Lys, 1836, p. 133). La liberté n'est plus (...) cette victoire de la raison sur les passions qui fut toujours une marque de la pensée bourgeoise (NIZAN, Chiens garde, 1932, p. 227).
C. — En interj. [Pour exprimer la joie d'avoir triomphé dans un domaine quelconque] Victoire! Jean, accourant tout essoufflé. Victoire!... victoire!... nous l'emportons! (SCRIBE, Bertrand, 1833, II, 9, p. 164). C'est bien, mon vieux! Au vote! Au vote!Victoire! s'exclamait Decraemer (VAN DER MEERSCH, Invas. 14, 1935, p. 135).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1100 victorie « avantage remporté sur l'ennemi à la guerre » (Roland, éd. J. Bédier, 3512: Avrum nos la victorie del champ?); 1160-74 victoire (WACE, Rou, II, 1501, éd. A. J. Holden, t. 1, p. 65: joie out de la victoire); b) 1834 expr. victoire de Pyrrhus (SAINTE-BEUVE, Volupté, t. 2, p. 57); 1912 victoire à la Pyrrhus (ROLLAND, loc. cit.); c) 1899 venir au secours de la victoire (CLEMENCEAU, Iniquité, p. 352); 1922 voler au secours de la victoire (PROUST, Temps retr., p. 784); 2. a) ca 1220 « avantage remporté sur un adversaire, un concurrent, un rival, dans une lutte quelconque, une compétition, une épreuve, etc. » (GUI DE CAMBRAI, Barlaham, éd. C. Appel, 1936: en sa victoire iert [mort] dont vaincue); 1552 (RONSARD, Œuvres compl., éd. P. Laumonier, t. 4, p. 81: mon cuœur [...] Pour eviter le feu de ta victoire); b) 1680 chanter victoire (Mme DE SÉVIGNÉ, Corresp., éd. R. Duchêne, t. 2, p. 802); 1759 crier victoire (VOLTAIRE, Hist. de l'Empire de Russie, éd. 1761, t. 1, p. 342); 3. 1551 « avantage moral remporté sur soi-même, sur ses passions » (RONSARD, op. cit., t. 3, p. 67: Et la victoire parfaitte Que l'Esprit en avoit eu [sur la Chair]); 1588 (MONTAIGNE, Essais, III, 8, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 925: la victoire que je gaigne sur moy); 4. 1555 « déesse, vierge ailée symbolisant la victoire » (RONSARD, op. cit., t. 8, p. 45: ô déesse Victoire); 1558 « statue la représentant » (J. DU BELLAY, Le Premier livre des antiquitez de Rome, Songe ds Œuvres poét., éd. H. Chamard, t. 2, p. 32); 1690 « peinture la représentant » (FUR.); 5. 1624 interj. (URFÉ, Astrée, t. 4, p. 267: criant: victoire, victoire, nous avons obtenu victoire!). Empr. au lat. victoria « victoire (à la guerre); succès, triomphe; la déesse Victoire, statue de la Victoire »; dér. de victor « vainqueur », et celui-ci de vincere (vaincre). Fréq. abs. littér.:5 026. Fréq. rel. littér.:XIXe s.: a) 7 604, b) 5 017; XXe s.: a) 6 255, b) 8 436.

victoire [viktwaʀ] n. f.
ÉTYM. V. 1155; victorie, 1080, Chanson de Roland; lat. victoria, de victor, de victum, supin de vincere « vaincre ».
1 Issue favorable d'un combat, d'une bataille, d'une guerre. Succès. || Les victoires de Napoléon. || La victoire de la Marne. || La victoire de qqn sur un ennemi. || Les victoires d'un général, ses victoires. || La victoire d'Austerlitz. || La victoire de Napoléon à Austerlitz; de Nelson à Trafalgar.REM. Employé avec un compl. de lieu ou absolt et sauf contexte précis, le mot est relatif à la culture concernée (par ex. France en français de France). || Remporter une victoire (→ Humain, cit. 22). Vaincre. || Sonner la victoire (→ Embuscade, cit. 1). || Trophée d'une victoire. || Victoire en balance (1. Balance, cit. 25), indécise, prompte (→ Balancer, cit. 22), éclatante, âprement (cit. 3) disputée. || Foi en la victoire finale (→ Ébranler, cit. 32). || Se flatter (cit. 49) d'une victoire assurée. || Ce qui décide de la victoire (→ Ralliement, cit. 1). || La victoire s'acheva par l'assassinat des vaincus (→ Prisonnier, cit. 3). || Voler de victoire en victoire (→ Conquérant, cit. 2). Conquête. || Entasser victoire sur victoire (→ Dessus, cit. 1). || Les lauriers, la palme de la victoire.Victoire navale, aérienne. || Communiqué (cit.) qui annonce des victoires. || Tirer les avantages d'une victoire (→ Appartenir, cit. 29). || Perdre le bénéfice de la victoire. || Victoire suivie d'un traité de paix. || Fêter une victoire (→ Espérance, cit. 32). || La fête nationale de la Victoire (de 1918) : le 11 novembre. || La victoire des Alliés en 1945.Loc. Le V (cit. 1) de la victoire.
1 N'as-tu jamais entendu parler, par exemple, de la gloire immense qu'apportent les victoires ? Et, cependant, les victoires ne se font pas seules. Il faut verser du sang, beaucoup de sang, pour les engendrer et les déposer aux pieds des conquérants.
Lautréamont, les Chants de Maldoror, II.
2 La paix m'importait plus que la victoire (…) (Maman) me disait que la guerre allait peut-être bientôt s'achever : « Oui ! » dis-je avec élan « qu'elle finisse ! n'importe comment : mais qu'elle finisse ! » Maman s'arrêta net et me regarda d'un air effrayé : « Ne dis pas une chose pareille ! La France doit être victorieuse ! »
S. de Beauvoir, Mémoires d'une jeune fille rangée, p. 66.
Loc. Victoire à la Pyrrhus : victoire trop chèrement obtenue (Pyrrhus aurait dit, après Asculum : « Encore une victoire comme celle-là et nous sommes perdus ! »).
2.1 Mais enfin depuis qu'à tort ou à raison les Alliés se croient sûrs de vaincre (pour ma part je serais naturellement enchanté de cette solution, mais je vois surtout beaucoup de victoires sur le papier, de victoires à la Pyrrhus avec un coût qui ne nous est pas dit) et que les Boches ne se croient plus sûrs de vaincre (…)
Proust, le Temps retrouvé, Pl., t. III, p. 796.
(1636). || La Victoire : divinité allégorique représentée par une femme ailée. || Les ailes de la Victoire.(Sans majuscule). || Intrépide, et partout suivi de la victoire (→ Manquer, cit. 12, Racine). || Masséna, l'enfant chéri (cit. 16) de la victoire. — ☑ Loc. Voler au secours de la victoire : se rallier tardivement à la cause ou au parti qui est sur le point de l'emporter (par intérêt, opportunisme, etc.).
3 La victoire, en chantant, nous ouvre la barrière (…)
Sachons vaincre ou sachons périr (…)
M.-J. Chénier, le Chant du départ.
Statue de cette divinité (→ Force, cit. 76). || La Victoire de Samothrace.
2 (V. 1225). Heureuse issue (d'une lutte, d'une opposition, d'une compétition, pour qui a l'avantage). Triomphe. || Victoire diplomatique. || Pardonner (cit. 9 et 11) après la victoire. || Notre vanité dédaigne (cit. 6) une victoire trop facile (→ Exaspérer, cit. 7).
Loc. Crier victoire. — ☑ (1680). Chanter victoire : se glorifier d'une victoire, d'une réussite (→ Catalogue, cit. 2).
Victoire ! : cri, souhait de victoire.
Situation (de la personne, du groupe qui gagne, qui l'emporte contre qqn). Sports, jeux. || La victoire d'une équipe sportive. || Victoire aux points; victoire par K.-O., en boxe.(XVIIe). || Victoire (morale) sur soi-même, sur la tentation, se dit de la volonté qui triomphe des instincts, des passions (→ Liberté, cit. 38). || « Conservez (cit. 8) à jamais ma dernière victoire ! » || Petites victoires (→ Beaucoup, cit. 42). || Joyeuses victoires (→ Effort, cit. 17).
4 Quelle conquête vaut celle-ci (la vie de Beethoven), quelle bataille de Bonaparte, quel soleil d'Austerlitz atteignent à la gloire de cet effort surhumain, de cette victoire, la plus éclatante qu'ait jamais remportée l'Esprit : un malheureux, pauvre, infirme, solitaire, la douleur faite homme, à qui le monde refuse la joie, crée la Joie lui-même pour la donner au monde ! Il la forge avec sa misère (…)
R. Rolland, Vie de Beethoven, p. 79.
(Choses). || « Mort (1. Mort, cit. 19) où est ta victoire ? ». || Victoire du catholicisme sur l'hérésie (cit. 6). Consécration, réussite.
CONTR. Déconfiture, défaite, déroute. — Échec.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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